Un concert pour petites filles

Publié le par sandrine

Périple forcé dans la ville. Forcé de ... la force des choses. J'emmène, accompagne, pour la énième fois. Forcée ? Pas tant que ça : j'adore venir ici. J'aime la ville. Départ, porte de Pantin. Arrivée ici. J'ai une table, un verre. Presque comme chez moi, à la différence près que je ne fais que lever la tête, dérangée par les gens qui entrent et sortent. Le tabac ne désemplit pas.

Je n'avais pas prévu la soirée. Je pensais à un cinéma et me voilà assise sous la véranda d'un café, qui, après le roi du reggae, semble vouloir diffuser du rugby sur écran géant.

Devant cela n'arrête jamais de passer.
A droite, seulement deux tables sont occupées : un homme seul, fixe, autisme de la cigarette qui se consume entre ses lèvres. Son verre de bière est à moitié vide. Un cramé. Un énième ( lui aussi ) - Rico s'est étouffé à vouloir prendre quelques lattes d'une clope. Ca rentre, ça sort, toujours. Ca ne semble pas perturber l'homme seul qui ne veut pas écouter les trois personnes devant lui - je reçois ton message, les mots sur l'écran ( encore un ), le sourire sur mes lèvres - deux jeunes adolescent accompagnés d'un homme. Il ressemble à un professeur; j'imagine, extrapole. J'aurais aimé vivre une passion amoureuse, professorale - folie de la sortie de l'enfance, cela vrille ma mémoire.

[ Je voudrais t'appeler; mais je ne peux pas : bien trop de bruit (s) ]

Deuxième bière servie; j'aurais, d'ici peu, plus de fumée dans les bronches : un pétard dans mon sac et l'espoir de t'apercevoir, peut-être.
Hier soir je t'ai parlé d'un besoin. Tu ne le sais pas. Tu ne les connais pas ( pas envie de la reprendre ce soir ).
Quelques mots me font sursauter : ne grandis pas trop vite. Chaque chose a son temps, son moment. Nous aussi ?

Envie furieuse de te voir. Envie furieuse de te sentir, sentir nos coeurs, les mélanger aussi bien que nous avons mélangé nos corps, les partager, les échanger. Veux que tu viennes profond en moi, veux venir profond en toi - je m'arrête, je divague, regarde déambuler les passants pressés - j'aime aussi ces soirées, en dehors de tout, immergée dans un milieu hétérogène, seule à flirter avec l'humain.
Ambiance insolite au coin d'une table : deux heures passées en ta compagnie.
La vie continue. Un but est marqué.
J'y pense, sans paraître pressée : bientôt, NOUS, réunies

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Publié dans Journal du sans

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