Entre deux points
Sortie de la gare de longues minutes pour tirer quelques lattes d'un pétard rapidement usiné dans le TGV. Je traverse - la cigarette du bonheur allumée, m'aperçois de la présence de la police sur la droite, occupée à discuter avec des roots. Je les regarde, passe, rejoins la sortie pour fumer mon joint en liberté.
C'est chiant finalement tous ces espaces publics non fumeurs...
Les personnes alentours ont une allure bizarre. Par deux fois j'ai croisé une jolie nana, toute de noir vêtue. Regards qui se toisent ou regards de connivence. Melle gothique hippie marche avec nonchalance. Ca m'attire...marche devant moi, une rose rouge à la main; elle cherche aussi un train. J'empreinte un escalier et son visage m'apparaît soudain en cinémascope, au rythme de son escalator
Climax de la croisée. J'ai cru rejouer toutes les scènes de tous les films.
Merci... à elle.
Les clodos aussi je les regarde. Ils sont amassés près de la sortie nord. Rennes à tout de même l'air d'une ville propre... Ils sont jeunes. Gueules de teuffeurs cramés : barbes à locks mutantes, dentelées, soudées de haut en bas. Quelques sacs trainent au sol, un caddy finit leur mobilier.
Ils semblent détachés de tout... comme leurs chiens.
Cette vie là me donne envie. Et cette envie me donne bien du soucis ...
Une station, un transit entre deux destinations aussi peu valables
Je sais d'où je pars. Mon billet est aujourd'hui valable jusqu'à Plouaret Trégor. Je n'y ai jamais mis les pieds. Raison de plus pour s'y arreter. Je traverse un quart de france en un quart de journée, retrouve le soleil si peu révélé ce matin. J'ai juste envie de tailler la route, jouer mon rôle. Et le tenir jusqu'au bout.