Colonies de vacances

Publié le par Sandrine

Dans la chambre de gauche, les filles chahutent. J'entends quelques cris; des voix s'élèvent, l'une pose des questions, l'autre maltraite le langage, lui préférant l'ordurier d'un "oh salope !" puis un bruit sourd retentit.

Je souris.

Je n'ai pas voulu / osé m'insinuer dans leur jeu de gamines effrontées, les laissant dans ce moment d'intimité... moi qui m'étais posée là, sans les connaitre, au milieu de leur maison enchantée... Car c'est une vraie maison ici. Une maison qui vit, une maison qui parle comme elle se tait. La quiétude rêgne, malgré les heurts sous jacents d'une promiscuité parfois trop contraignante.

Raphaëlle avait disparue.
J'ai entendu le grief, assise sur le lit.

- Qui a pris la lampe ?

Silence.

- Qui a pris la lampe ?

Les rires avaient alors fusés. Les coups portés, estompés, avaient fini par rendre justice aux plus forts, libérant les plus faibles et leur balais maniaques, insomniaques.

Je suis finalement restée, assise, seule. C'était quand même une vraie maison ...

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Publié dans Une quotidienne froide

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