De bonne heure
4.50. A croire que l'hiver est déjà là. C'est encore la nuit quand je décide de marcher un peu. Le froid, glaçant, m'oblige a forcer le pas, comme cette eau qui tombe, sorte de neige fondue, en avance.
C'est rouge et blanc. Les lignes, les courbes. Ici tout à coup il fait chaud. Parce que mes jambes m'ont portée jusqu'à la gare, j'ai le premier RER, celui du matin.
Dans le wagon, six hommes discutent. Je suis toujours étonnée...(se connaissent-ils?) Ils sont noirs, ils bavardent, échangent ensemble sans pour autant sembler se connaître. Deux sont assis côte à côte, les autres, retournés, occupent des sièges épars. Devant, derrière. Parfois un rire fuse, un sourire jaunit. Ils ont l'air de s'écouter les uns les autres...Je n'ai jamais vu cela chez les blancs...m'interpelle à chaque fois.
Le RER roule vers Paris, le train embarque ses voyageurs. Et je reste le seul visage pale; au milieu des dormeurs et de la bonne humeur. Ca remet les idées en place
A croire !
Ok, allons écouter la rumeur de Paris. Parfois ton visage se trouve derrière