Araignée du soir

Publié le par Sandrine

Voir la page pliée et s'écouter dans la musique. Fermer les écoutilles. Se blinder. S'emmurer.
Il avait mis les écouteurs dans ses oreilles. Profondément enfoncés, cherchant l'endroit parfait: là où la vie ne s'entendrait plus. Le bruit, en dehors, devenait insupportable. Ce n'était plus une caresse. Ce n'était plus une douceur. Mais un râle, asphyxié. Oxygène zéro dans l'infection chargée de relents qu'il reniflait autour de lui.

Il fuyait encore plus. Il courrait à toute jambe, se griffant aux branches. Sur sa route, les arbres reculaient toujours. Il voyait ces géants sortis de terre, ne comprenait pas comment la vie pouvait les assommer. Couper sous le pied.

Arranger. A ranger. A enfermer. A disperser. A détruire.

Son sac battait contre son dos. Comprimait l'air. Son souffle devenait givré, blanc. Epaississait au fil de sa course. Tendue. Son cœur battait. Il le sentait. Il le sentait. Il respirait, suffoquant à demi mais ne relâchait pas le rythme, préférant tomber.

Tout à coup, comme sortant d'un mauvais rêve, à l'orée de la forêt, il fut aspirer par la terre et découvrit un champ.

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Publié dans Une quotidienne froide

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