Entière

Publié le par sandrine

Elle errait derrière moi. Je la sentais. Je le savais. Je m’envisageais différemment mais j’étais comme une pucelle qui a mal, comme la vierge apeurée d’enfreindre le péché délicieux ; la concupiscence d’un désir intact.

Elle errait derrière moi, emplie de son envie à elle ; m’explosant le ventre en mille éclats de verre, concassée par la violence de son geste. Sur moi, si soudainement.

Elle était dans mon dos. Et j’étais sans respiration. Son souffle dans mon oreille. Comme jamais résonné. C’est un morceau de ma peau qui s’effrite. C’est un morceau de ma chair qu’on cisaille. Et la brûlure, douloureuse - comme l’alcool qu’on répand précipitamment au fond de soi - creuse le long de l’omoplate une interminable déchirure, nouvel élan vers ce que je ne connais pas :

Sa main,

Sa main qui, aussitôt, s’enfonce en moi, toute entière ; c’est un gigantesque marteau, piqueur, assommeur. Elle va et vient en moi, seule dans mon silence qui bientôt, lui aussi, s’étouffe, développant sans demie mesure, à gorge déployée, les hoquets de la délivrance.

Chaque soir .. au fond de moi. Elle visait juste, touchait le point G, me rendant l’amour si charnel qu’elle laissait place à l’eau coulante entre mes jambes, sur mon visage, rompu par la fatigue des corps aux âmes éberluées.

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Publié dans First-L

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