Endroit insolite

Publié le par sandrine

Toute cette histoire à commencer lorsque Ludivine m’envoya ce mail pour m’inviter à l’anniversaire de Marie.
La fête, organisée dans le plus grand secret, avait lieu dans un bar quelques jours plus tard et devait rassembler les amis, copains, copines, et même copines de copines, de la femme de Lude.

Le rendez-vous était fixé au Mata où nous devions visiblement passer la soirée. « Comme je la connaissais, Ludivine avait dû réserver le salon privé ... ». Une petite quarantaine de personnes étaient attendues.

J’étais chargée d’une mission supplémentaire : débarquer samedi soir chez Les Filles, dans le but de brouiller les pistes. Le plan était scénarisé de main de maître et ne laissait aucune chance à Marie. Elle ne pourrait sauver les apparences : dans quelques jours elle chialerait comme une môme en voyant les tronches et mimiques des dizaines de personnes venues spécialement pour la fêter.

*

Samedi soir, donc, j’enfonce le bouton de la sonnette et j’attends que Marie vienne ouvrir.

- Salut bellotte ! Bon anniversaire ! Tiens !

Les mains en avant, je tends un bouquet de fleurs et un petit paquet dans lequel se trouve un carnet de notes : Marie dessine, je sais que cela lui fera plaisir.

- Bon alors qu’est ce qu’on fait ? On sort ? On va danser ?

Je lance les idées, à la cantonade, comme me l’a dicté Ludivine, citant tous les noms de boites et de café qui me passent par la tête. C’est épuisant de mentir à une copine ... Les filles se décident. Marie est baladée mais Lude tient bon. Direction le Mata.

*

En entrant je sens l’ambiance déjà explosive du bar. Le son bat le tempo, la salle est pleine à craquer. Nous nous dirigeons vers le fond du café, le fumoir, où tout le monde doit attendre.
Un tonnerre d’applaudissement jaillit lorsque Marie entre dans la pièce, enfin sur le devant de la scène.

Tous arrivent, s’accaparent Marie. Je regarde, dis bonjour à quelques-uns, retrouve d’anciennes connaissances, tourne la tête dans l’espoir de trouver de quoi boire un coup, à la santé de ma copine.

Et là, elle passe devant moi ! Elle, Sophie ... Mon cœur fait un tour dans son sérail, trouve la trace laissée, qui pique au plus fort. Pourquoi a-t-elle tourné les yeux vers moi à ce moment là ?
J’ai l’impression de la retrouver comme nous nous sommes laissées.

Je me dirige droit vers le bar, commande un whisky, l’avale cul sec et recommande la même chose.
« Qu’est ce que Sophie fait là ? ». L’alcool commence à produire son effet : j’en suis déjà à me poser des questions stupides, à me faire des films impossibles ... un seul regard !
Derrière moi, la poussée devient plus forte. Le comptoir, faux zinc, est pris d’assaut. Des bras m’encerclent, je les soutiens pour les mener jusqu’à l’abreuvoir. Je sens les seins d’une fille dans mon dos ; elle les presse contre moi, je m’accroche.

- Tu bois avec moi ?

Curieuse, je tourne la tête pour voir qui m’a glissé cette invitation dans l’oreille. Sophie !
« Bien sur ! je prends un verre ! même si je tombe après ! ». J’acquiesce de la tête pour me faire entendre. Le cou tordu, je lui demande ce qu’elle prend. Le brouhaha rend la discussion pénible mais les mots, éphémères, parviennent jusqu’à moi. « Toi ... je ... bien ». Ils restent en suspend, me figent dans l’indécision.

- Tu crois que c’est une solution ? Tu  ne préfères pas boire quelque chose ?

J’essaie de sourire sans donner d’indices sur la faiblesse qui étrillent mes veines. Sophie se penche à nouveau sur moi. Elle attrape ma taille. Ses mains m’enveloppent.
Dans l’enceinte, Jack balance son rythme enivrant, « psycho the funk », psycho the fu(n)ck oui !

- J’ai envie de toi !

Cette petite salope m’allume et elle sait que je ne peux pas résister... je suis bien trop attirée par sa petite gueule d’amour et son attachante amitié. La musique me rend euphorique, le whisky aidant. Mes fesses se frotte contre son sexe. Elle a gagné ... Elle le sait, elle m’entraîne dans le tourbillon du bang électronique. Le son claque, arrache les gestes à leur immobilité. Elle me balance contre elle alors que je me tiens solidement à la rampe qui court le long du bar. L’ondulation du courant dans l’étuve des corps ... Mes seins sont malmenés. Sophie les cherchent. Elle m’excite, elle le sait. Le crescendo du sample est incessant, comme les mains de Sophie qui découvre l’ouverture vers l’exploration de mon sexe. Ses doigts glissent dans mon pantalon, aux yeux de tous, dans l’impudeur totale de la cadence consciencieusement enfiévrée. Elle me maintient contre elle, fort, me courbe l’échine en forçant le slip. Mon sexe est trempé. Son doigt s’imprime en moi alors que je ferme les yeux. Personne ne soupçonne encore notre manège. Je gigote, donne le mouvement. Le plaisir monte en moi comme un torrent de boue. Je jouis, sa joue contre la mienne, la pointe de ses seins plantée dans mon dos. Je la désire tout entière en moi, je me souhaite à sa merci, dans le scénario qu’elle aura choisi.

Le plaisir fuse, silencieux. Dans le bruit, ma faiblesse passe inaperçue. Sophie me protège, m’accoude au bar, me prend dans ses bras.

- Rentres avec moi ce soir ...

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Publié dans First-L

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