A gauche au fond du couloir
L’ascenseur s’ouvrit, Frédérique fit un pas et se tourna immédiatement vers la porte ; elle était déjà venue ici les mois qui avaient précédés - quelquefois, elle ne savait dire combien. L’appartement se situait au fond, à gauche, sur un palier mal éclairé. L’endroit avait quelque chose de mal famé ; elle pensait à un signe, de ceux qui ne trompent pas -, et elle réagissait toujours dans l’agression du lieu lorsqu’elle passait le seuil de l’interphone.
Il faisait aussi sombre que les fois précédentes.
Elle regarda la porte.
Elle avait fini par dévaler les trottoirs qui la séparaient du corps de Marie, en subissant dans une quasi indifférence le chaos qui l’acheminait vers ce qu’elle savait comme un accomplissement.
La luminosité de la rue l’avait presque aveuglée au sortir de la rame. Mais, déjà, gambadant sur le pavé, elle pressait le pas pour rejoindre son amie et en faire son amante. Elle voulait avaler le bitume, gagner du temps sur le temps. Elle s’agrippait à sa sacoche pour prendre de la vitesse, pensant soudainement à cette première rencontre.
Elle avança et frappa.
Marie se tenait derrière la porte, l’attendait.