Eloignement
Frédérique ne parvenait pas à se souvenir du jour.
Elle était allongée sur son lit et contemplait le soleil filtrant à travers les persiennes. Les rayons lumineux la distrayait de son griffonnage excessif. Sur elle, ses traits, rien ne laissait présager la violence qui régissait ses écrits. Le sourire donné ne justifiait pas sa joie ; il n’était que mécanique.
Elle ne se souvenait plus du jour, perdue dans ses innombrables rêveries, supplantant au gens la torture de l’effroyable vérité : l’absence de Marie.
Elle se rappelait leur dernière rencontre, quelques jours auparavant : une brève confrontation des désirs.
Elle imaginait la rue assourdissante, le vacarme incessant du passage en bas. Elle tenta de fixer son attention : rien ne parvenait jusqu’à elle. Cloîtrée dans ses quatre murs blancs, elle taisait le manque flagrant qui désagrégeait son seuil de tolérance au vide. Personne ne pouvait plus venir à elle, sinon Marie.
Dans le pénombre, l'éloignement dura et la dépendance s’installa.