Prose à hic

Publié le par sandrine

Frédérique était faible devant le désir. Elle en prenait conscience, à nouveau, aujourd’hui, alors qu’elle venait de s‘engager dans une histoire apparemment légère mais qui, les semaines passant, s’avérait similaire à celle vécue quelques années auparavant avec Sophie.
Elle était faible devant le désir et se le reprochait régulièrement, tournant en rond dans ces cercles du mensonge qu’elle pensait si minimes, quoique éhontés. Elle ne prenait la mesure de ses actes qu’une fois déroulés et trouvait alors mille excuses pour  ne pas s’embarrasser des conséquences.
Ces pardons programmés la renvoyaient inlassablement à elle-même. Elle le savait, s’en affligeait mais continuait à se laisser happer par le plaisir de l’autre, le jeu de la séduction, le scintillement de plaire.

Cela malgré le couple qu’elle formait avec Isabelle.

Dix ans s’étaient écoulés, dix ans passés dans le plaisir, le bonheur, le mensonge, le doute. Leurs relations avaient changé.

Frédérique était faible.
Aujourd’hui, peut-être plus qu’hier, elle le savait : lorsque le désir la prenait, il motivait chacun de ses gestes, chacune de ses paroles. Plus qu’hier ? Pas si sûr : qu’avait été sa rencontre avec Isabelle, sinon une passion ? Un désir, communément appelé coup de foudre ?
A nouveau, elle était devant le grand point d’interrogation, face au miroir de son existence qui revenait, comme un leitmotiv vers une libération.

Elle aimait se donner le plaisir de chaque moment ; celui des rencontres heureuses qui, paradoxalement, ne se satisfont jamais d’elles-mêmes, et en deviennent inévitablement désespérées, malheureuses.
Elle en était à ce point là de son existence ; celui où les doutes commencent à clair semer ce rideau de certitudes que l’on croyait à jamais graver dans le roc.

Combien de rencontres écourtées, avortées dans l’œuf du regard, pour ne pas dévier d’un pouce sur la large route tracée devant elle, à perte de vue ? Elle ne voulait pas répondre à cette question. Elle savait, par avance, qu’elle minimiserait la vérité.
Elle s’efforcerait, à nouveau, pour ne pas être trop lâche envers elle-même, à la résistance du corps.

Elle ne souhaitait plus ressentir ni haine, ni culpabilité.

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